L’agriculture urbaine : une solution à la transition écologique ?

L’agriculture urbaine et la transition écologique sont au cœur des débats actuels. Et pour cause, de plus en plus de citadins souhaitent que l’avenir de leurs villes soit plus vert.

Faire de l’agriculture urbaine, c’est travailler la terre pour produire des fruits et des légumes voire même faire de l’élevage mais en ville ! Découvrons ensemble pourquoi cette démarche satisfait les objectifs de la transition écologique.

Rendre les villes plus durables : un enjeu actuel

Pourquoi parle-t-on de transition écologique en ville?

Selon les Nations Unies, 65% de la population mondiale vivra en zone urbaine d’ici 2050. Les villes vont donc continuer à grandir et à attirer toujours plus d’habitants. Voilà qui ne doit pas rassurer les citadins qui alertent déjà sur la surpopulation et la surchauffe de leurs villes.

L’urbanisation a en effet de lourdes conséquences sur la qualité de notre cadre de vie. Les villes sont bien sûr plus pollués que les campagnes. Les espaces verts disparaissent et sont remplacés par des surfaces bétonnées. Le béton empêche les agglomérations de se débarrasser de la chaleur. Le réchauffement climatique empire donc à cause de la croissance des villes. Moins d’espaces verts veut aussi dire moins de surface pour produire des fruits, des légumes, des céréales ou pour élever des animaux… La sécurité alimentaire des pays fortement urbanisés est alors remise en question.

Face à ces problématiques, l’idée de transition écologique s’est développée. La transition écologique consiste à changer nos modes de vies actuels pour un modèle plus durable et plus respectueux envers la nature. L’objectif de cette transition est de permettre aux hommes de produire et de consommer de façon soutenable et de bien vivre ensemble dans un environnement sain.

Comment l’agriculture urbaine répond à ces défis?

Face aux défis de l’urbanisation, l’ONU et la FAO recommandent l’agriculture urbaine comme solution soutenable pour que les villes restent respirables mais aussi pour nourrir les populations.

Les cours intérieures, les parcs, les toits, les bas de porte ou même les rebords de fenêtre sont de formidables terrains de jeux pour les jardiniers urbains. Verdir ainsi la ville permet de réduire la pollution en purifiant l’air et de mieux réguler la chaleur. Les citadins qui cultivent aussi leur propre potager peuvent consommer localement leurs fruits et légumes. Cette forme de circuit court, encore modeste aujourd’hui, contribue à limiter notre empreinte carbone.

Mettre les mains dans la terre entre deux immeubles développe aussi une nouvelle forme de vie sociale dans un quartier. Les potagers communs, partagés dans un quartier ou par des volontaires, rendent un lieu de vie agréable et animé. Chacun profite des bienfaits du retour de la Nature dans le quartier et peut participer à la hauteur de ses compétences et de son temps libre. La qualité de vie au sein de ces quartiers s’améliore sensiblement par rapport à un quartier privé de verdure. Les riverains sont en meilleur santé, de meilleure humeur et ont tendance à être plus actifs et créatifs. Ce sont les effets que nous cherchons à avoir avec nos potagers collaboratifs.

L’agriculture urbaine et la transition écologique : l’avenir des villes ?

Un projet porté par les citoyens

L’envie de verdir à nouveau les villes touche donc naturellement un grand nombre de citadins. Dans les années 2000, plusieurs villes ont créé des « Permis de végétaliser » face à la demande croissante des riverains d’installer leurs potagers et autres plantes sur la voie publique. Ces permis autorisent les habitants à planter eux même dans les parcs, dans les carrés de terre autour des arbres ou dans n’importe quel espace disponible quand ils le souhaitent.

Cette initiative a permis de verdir les villes. C’est le cas de Lille où les façades et les rebords de fenêtre se couvrent de plantes. Les espaces verts y sont entretenus à moindre frais que par la municipalité. Les produits chimiques et les plantes nuisibles sont interdits pour rester dans une logique écologique jusqu’au bout. Les permis de végétaliser ont si bien fonctionné à Lille que la ville a mis en place un concours des quartiers fleuris où un jury parcourt la métropole pour récompenser les plus belles plantations urbaines des Lillois.

Les citoyens s’engagent d’eux même dans la transition écologique et l’agriculture urbaine. Ils cherchent généralement dans cette démarche à mieux vivre en ville, de manière plus écologique en luttant contre la pollution et en mangeant des produits plus frais.

L’agriculture de demain

Les projets d’agriculture urbaine qui se développent aujourd’hui poursuivent plusieurs objectifs. Les plus communs sont de produire des denrées alimentaires, de préserver la biodiversité ou de redynamiser écologiquement des lieux de vie dans la lignée de la transition écologique. Par exemple l’agriculture urbaine crée des circuits cours pour nourrir la population des villes.  Elle pourrait ainsi satisfaire les besoins alimentaires de 10% des citadins car 1m² de jardin peut produire en moyenne 50kg de nourriture par an !

800 millions de citadins sont aujourd’hui adeptes de l’agriculture en milieu urbain. La transition écologique étant de plus en plus au cœur des débats, il y a fort à parier que les jardiniers urbains seront chaque année plus nombreux.  À l’avenir les villes pourraient ainsi produire près d’un tier des productions agricoles et voir la qualité de leur air s’améliorer. Vivre en ville sera alors plus sain et plus agréable.

Avec la transition écologique, les projets d’agriculture urbaine sont de plus en plus présents dans les villes françaises. Dans un futur proche, nos paysages urbains pourraient se réinventer complétement grâce à ces initiatives fondées sur la collaboration et la soutenabilité. Si tu es tenté par ces démarches et souhaite t’initier à l’agriculture urbaine n’hésite pas à découvrir notre démarche.

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